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lundi 16 mars 2020

Comme un bonsaï

Quand j'étais enfant, on m'a offert un bonsaï.

Je ne me souviens pas très bien de quel type d'arbre il s'agissait, mais le pot en céramique dans lequel il était planté était d'un superbe bleu roi. 

A l'époque, je pensais que le bonsaï était une espèce d'arbres minuscules à vie. Qu'ils étaient naturellement comme ça. Un peu comme l'épagneul papillon de mes voisins qui était une version miniature du colley de ma tante. Pareil, mais en petit.

Et puis un jour, on m'a appris qu'en fait, pas du tout. Pour faire un bonsaï, on manipule un arbre "normal" pour qu'il ressemble le plus possible à un arbre adulte épanoui dans la nature... tout en faisant en sorte qu'il prenne peu de place.
On le taille d'une certaine façon, on le met dans un pot penché, on force ses racines à remonter en surface, on dirige ses branches et son tronc pour qu'ils prennent une forme adaptée.
C'est un art.

Et en ce moment je me sens un peu comme un bonsaï. Incapable de prendre de l'ampleur, taillée quand je commence à m'étaler, ramenée à mon apparence, à l'étroit dans un pot trop petit.
Et je m'écrase de plus en plus, en tirant même une certaine satisfaction. "Regardez comme ma branche est tordue dans une posture inconfortable mais visuellement plaisante !" "Admirez comme je me rapetisse pour vous, majestueuse dans mon espace restreint !" "Voyez comme je laisse vos mains me modeler comme si j'étais vôtre."

A l'étroit dans mon écorce biscornue et fière me plier à vos regards. Une version portable, facile à gérer, agréable en décoration.

Parfaite imitation de l'arbre adulte épanoui dans la nature.



lundi 14 octobre 2019

Perfection

Bien sûr, qu'il faut que je sois parfaite.
Si je ne fais jamais rien de mal, je ne donne jamais aux gens une bonne raison de m'abandonner.

mardi 7 mai 2019

Not sure

My issue is:

Now that you don't want it anymore
I am just not sure what to do
Of all the love that I 
Had prepared for you

jeudi 26 janvier 2017

Bad buzz

Mes capacités de concentration sont limitées depuis quelques années. Je pourrais blâmer les réseaux sociaux, mon smartphone, et la technologie en général, mais la vérité c'est que plein de gens vivent sans tous ces bidules et se portent bien. Je pourrais en faire de même.

A cette distraction habituelle, celle qui m'arrête au milieu de cette phrase pour me dire "Tu pourrais te faire un thé...", s'ajoute en ce moment une sorte de ... bourdonnement.

J'en ai pris conscience fin 2016 et je ne sais pas comment le décrire autrement.
C'est cette sensation que vous ressentez quand vous êtes énervé. Celle qui donne l'impression que quelques chose a besoin de sortir et rode sous votre peau, celle qui vous dit que vous allez exploser à la figure de quelqu'un.

Cette sensation là. En continu.

Telle que vous me lisez, je suis en train de consciemment me forcer à ne pas regarder Twitter. Ma tête se tourne inconsciemment vers mon second écran à intervalles réguliers. C'est un peu comme une drogue. Je sais que ça ne me fera aucun bien, mais quand je l'utilise je me sens mieux. Ça me rassure. Car je sais.

Pendant les 2 minutes durant lesquelles mon pouce scrolle vers le bas pour dénicher les messages que j'aurais pu louper, je suis au courant. Rien ne peut me prendre par surprise.
L'info que j'absorbe comme ça est moins douloureuse. Moins que celle que je me bouffe en pleine gueule le matin quand mon réveil sonne et m'annonce que Trump a encore signé une énormité qui va réduire à néant des années d'avancées sur les droits de telle ou telle minorité.

C'est un choix débile. Tu préfères te prendre une goutte sur la tête, chaque minute, en continu, jusqu'à ce que le seau soit vide, ou qu'on te verse le seau en entier sur la tête d'un coup ?
Dans un cas, tu angoisses toute la journée, poussé à bout de nerfs par ce plic-ploc incessant. Dans l'autre, tu te retrouves trempé et gelé, a essayer tant bien que mal de reprendre ta respiration.

Alors je laisse les news se faufiler sous ma peau, l'une après l'autre, et rester là. Elles bourdonnent comme la neige à la télé quand l'antenne ne reçoit plus rien. Et cette sensation me rend folle, et j'ai envie de m'allonger par terre dans le silence le plus total pour juste avoir la paix cinq minutes et oublier que tout part en vrille.

Mais si je fais ça, j'ai l'impression d'abandonner mon poste de surveillance. L'impression que l'ennemi nous aura si je relâche ma vigilance juste un instant.

Donc je me laisse lentement glisser dans ce bain grésillant et je prie pour que ce que je sacrifie ne soit pas en vain.

lundi 17 octobre 2016

Le prix de la sérénité


Ça fait des semaines que je n'ai pas regardé mon compte en banque.
Je m'en suis rendue compte parce que les impôts ne m'ont toujours pas été prélevés.
Je ne sais pas depuis combien d'années j'avais pu passer un mois sans vérifier que je n'étais pas au bord du découvert. Mais maintenant ça va mieux. J'ai un boulot stable, je suis bien payée, je respire.

Je respire et j'étouffe.

samedi 12 mars 2016

Tu crois que tu n'as pas peur

Il est 20h un vendredi et je suis en pyjama, roulée en boule sur mon lit, à attendre je ne sais trop quoi. 
Depuis novembre dernier je n'ai pas trop réfléchi à l'impact au long terme qu'avaient eu les attentats sur moi. Après tout, je n'ai perdu personne, aucun de mes amis n'a été blessé, j'ai appris des mois plus tard qu'une personne que j'aime beaucoup avait passé une partie de la soirée enfermée dans un placard du Bataclan. Mais elle allait bien et souriait doucement en me le racontant donc...

Et ce soir une amie m'a reparlé du risque qu'on courait. M'a recommandé de ne pas sortir parce qu'elle avait entendu un truc, une rumeur. Et des rumeurs, merde, depuis Charlie Hebdo on en entend tout le temps. Mais là...
Je n'ai pas le moral et je suis fatiguée et... 

Tu crois que tu n'as pas peur. Tu vis ta vie, tu sors, tu bois et tu danses.
 
Tu crois que tu n'as pas peur.
Jusqu'au jour où tu rentres bien vite chez toi te cacher dans ton lit et attendre que la nuit passe.
 
 
[Hier je suis rentrée chez moi, les tripes nouées, je me suis mise en pyjama, toutes lumières allumées, et j'ai écrit ça. Ensuite, j'ai somnolé pendant cinq heures, essayant de décider si je devais me lever et manger un truc, regarder une série. Et puis je me suis dit que non, j'ai éteint les lumières et j'ai dormi. 
J'ai l'impression d'avoir perdu une bataille.]

mardi 8 mars 2016

8 mars - Journée de l'infâme

Mes billets d'humeur commencent en général par "Je ne parle pas souvent de [tel sujet] mais là il faut que je vous dise un truc" et celui-ci ne dérogera pas à la règle.

C'est vrai que je n'ai jamais trop utilisé ce blog comme manifestation de mon féminisme (c'est plutôt quelque chose que je fais sur Twitter, habituellement), mais aujourd'hui il faut que ça sorte...

vendredi 6 novembre 2015

Un peu compliqué


Parfois tu passes une journée de merde et tu fais de mauvais choix.
Genre tu vas picoler seul-e en te disant qu'avec de l'alcool ça passera mieux.


Ce n'est pas tout à fait faux. Pendant un moment tu es confortablement anesthésié-e. Tu te plonges dans la musique. Tu observes les gens accoudés au bar. Tu n'es pas seul-e avec ton téléphone à la main, à scroller sur Twitter, à commenter sur Facebook, à te donner une contenance pour ne pas boire ton verre trop vite. Ca devrait te rassurer mais ça te rend juste triste. Tu ne souhaites ça à personne. A choisir, tu préfèrerais être seul-e à être tout-e seul-e.
Le barman et la barmaid se touchent beaucoup et tu te demandes s'ils couchent ensemble. Ce ne sont pas tes oignons, mais quand même.
Tes années de marketing te disent que si la barmaid connaît ton nom ce n'est pas juste parce que le barman t'aime bien et le lui a dit. C'est parce que le barman a besoin que les gens consomment et reviennent. Et tu es beaucoup plus tenté-e de retourner dans le même bar quand tu as l'impression d'avoir des amis de l'autre côté du comptoir.
Esbroufe totale ou pas ? C'est la question.
Tu ne sauras jamais si les tenanciers ont une vraie sympathie pour toi ou si ce n'est que du business à base de "je t'offre un shot, reviens très vite, bisous".


Par contre, tu sais que tu es sur la pente descendante.

vendredi 24 août 2012

HOME

Je dis souvent que si je n'écris plus beaucoup, c'est parce que je n'ai pas le temps. C'est faux. Je choisis de ne pas avoir le temps. Je choisis de réactualiser 10 fois Twitter au lieu de coucher quelques phrases et je choisis d'entamer une énième partie de Civ V au lieu de me coller sérieusement à mon mémoire (ahaha, je rends le 4 septembre, j'ai écrit 5 pages, tout va bien).
Tout n'est que choix, donc.

Ce soir, je fais le choix d'écrire. Parce que j'en ai envie, que ça me titille depuis que je suis partie en vacances et parce que, pour une fois, merde j'ai quelque chose à dire.

Donc je vais commencer par vous parler de la différence entre "house" et "home". [Le sujet de cet article n'est pas les subtilités de la version et du thème, promis.]
Donc, le mot "house", en anglais, veut dire "maison". Cependant, ce mot définit plutôt le bâtiment. On le différencie ainsi de "home", qui désigne son "chez soi". En France, quand on parle de maison, on sous-entend la plupart du temps "home", mais du coup je suppose que le terme le plus approprié pour traduire "home" serait "foyer".
Son foyer. Son chez soi. Là où on est bien.

En anglais, on dit aussi "Home is where the heart is". Mais là, ce dont je vais vous parler, c'est de "Home is whenever I'm with you".

Comme l'a si bien expliqué Silver dans sa série "Fantastiques" (1-2-3-4) en 2010 (merde, déjà...), il y a des instants qui, sur le moment, semblent insignifiants mais qui avec le temps prendront des proportions incroyables. Cet instant sans intérêt deviendra point de pivot, moment où tout à basculé, quelques minutes qui modifient le cours d'une vie entière. L'effet papillon.
En 2006, je passe le bac. Je choisis de déménager à Nantes pour ma 1ère année de fac. Tout cela se passe très mal, et, une chose en entraînant une autre, je décide de poursuivre ma 2nde année de licence à Paris. En parallèle à mes études, je passe (déjà) énormément de temps sur internet. Je suis même admin du forum de la communauté francophone de DeviantART. Sur ce forum, je rencontre plein de gens avec qui je sympathise, notamment deux personnes, Silver et Maky, qui se connaissent "en vrai".
Hiver 2007, les Galeries Lafayette sont parées de leurs plus belles vitrines animées et on se les caille bien comme il faut. Maky, au détour d'une conversation MSN (oui, on est en 2007) m'annonce qu'elle va passer à Paris. Et que ça serait chouette de se voir.
Je dis oui.

L'instant important est là.
J'aurais pu être prise ce soir là. Avoir la flemme. Avoir peur de passer ma soirée avec quelqu'un que je ne connaissais "que d'internet". Mais je dis oui.

Fastforward. Et nous sommes en août 2012. Je suis à Hossegor, assise toute seule sous la pergola.  A l'intérieur de la maison, ça rigole. Quelqu'un joue de la guitare. Du salon provient un : "Les gars, quelqu'un a pensé à lancer lave-vaisselle hier soir ?" Bruits de tasses qui s'entrechoquent dans la cuisine. La guitare s'arrête puis reprend, mais je sens qu'on a changé de guitariste. La brise est un peu fraîche et je griffonne dans un carnet que j'inaugure. J'ai décidé de mettre quelque chose d'important sur cette première page, histoire de bien lancer le truc. J'attends depuis juin d'avoir quelques mots pour cette page.
Et ils sont soudain là.



jeudi 17 mai 2012

Projet 17 mai

Coucou les petits. Là je vais vous faire un article sérieux et super important, donc on ouvre grand ses yeux et son esprit et on lit attentivement, okay ?

Je pense que dans la vie, certaines choses sont aussi importantes que personnelles. L'amour, notamment. Le sexe, aussi.
Pourtant, encore aujourd'hui, des gens se permettent d'en juger d'autres sur des critères aussi personnels que l'amour ou le sexe. Comme si c'était leurs affaires, comme si leurs opinions étaient paroles d'évangile, comme si on leur avait demandé leur avis.

Aujourd'hui, nous sommes le 17 mai et c'est la journée internationale contre l'homophobie. Et aujourd'hui, je suis très heureuse de vous annoncer que j'ai participé au Projet 17 mai, lancé par Silver et Pochep. Des dizaines d'illustrations, de dessins et de BD, sur le thème de l'homophobie vous sont proposés sur le site projet17mai.com.

Mes participations à moi (en tant que scénariste hein, je ne vais pas vous infliger une tentative de dessin...) sont ici:
- avec BlaguiBlago
- avec Maëlle R.
- avec Guillaume Penchinat
- avec Sess

J'espère que tout ça vous plaira. N'hésitez pas à le partager autour de vous, à le montrer à vos amis, votre famille, votre patron et votre chihuahua. Le sujet est important, donc faites en sorte qu'on en parle.

Des bisous.

vendredi 2 décembre 2011

Coup de chance

[Musique, et un message important à la fin du texte.]


        L'après-midi traîne en longueur. 
J'ai passé la plus claire partie de ma journée à zapper de chaîne en chaîne. Ma tasse de thé est vide mais je n'ai pas le courage de me lever pour aller la remplir à la cuisine.
        J'aurais probablement dû aller au travail ce matin quand Mark m'a annoncé que son jour de congé venait de s'évaporer avec l'arrivée d'un nouveau gros contrat à l'agence. Notre journée farniente en amoureux s'était soudain transformée en journée "Diego mange des cochonneries en pyjamas devant la télé".

Je suis là, affalé dans le canapé devant une telenovela débile, lorsque la porte d'entrée claque, me faisant sursauter.
        - Diego ? demande une voix depuis le couloir.
        - Ouais, j'suis dans le salon !
Mark entre dans la pièce, tenant d'une main le manteau qu'il vient d’ôter. Il s'arrête un instant, interloqué, embrassant d'un regard l'état général du salon. Je ne dois pas être au summum de mon sex-appeal...
        - Qu'est-ce que tu fais ? Tu es prêt ?
Je détourne à peine mon regard de l'écran de télé. On va enfin savoir qui est le père de Veronica...
        - Hein ? Prêt pour quoi ?
Il y a un long silence et je commence à me demander si Mark n'a pas quitté la pièce lorsqu'il entre dans mon champ de vision, se plaçant entre ma série et moi.
        - Mark ! Je vois plus rien là ! Pousse-toi, c'est le dénouement du truc !
Je me tortille sur le canapé, me dévissant le cou pour voir l'écran tout en vociférant mais Mark ne bouge pas d'un iota. Il m'exaspère !
        - Maaaark !
Son expression est mortellement sérieuse et je me demande soudain si je n'ai pas fait une bêtise... Notre anniversaire était il y a deux mois et j'y ai miraculeusement pensé donc ce n'est pas ça...
        -Tu te fous de moi, Diego ! Luis rentre à l'hôpital demain. Sa soirée de départ est ce soir. Je te l'ai répété au moins dix fois cette semaine...