mardi 28 novembre 2017

[SPOILER] J'écris une BD

Ça fait quelques temps (ahem) que je n'ai pas posté ici.
Je ne sais pas si des gens suivent toujours ce blog. Si oui, coucou, ce message est pour vous.

Si je ne poste plus rien en ce moment, c'est parce que je travaille sur quelque chose. J'écris un scénario de BD. Une vraie histoire, à moi de bout en bout et qui me tient à cœur. C'est une expérience très différente d'écrire une histoire pour l'adapter en bande-dessinée et je dois dire que le process me plait beaucoup ;)

Mais compte tenu de ma tendance à commencer un projet pour ensuite joyeusement le laisser en plan pour passer à autre chose, j'ai décidé de me mettre des limites strictes.

En fait il y a une seule limite stricte : je n'écris plus rien de nouveau tant que le scénario de cette BD n'est pas fini.

Du coup, je n'écris rien d'autre. J'en suis juste à 26 pages de scénario et ça avance.
Je ne peux pas trop vous en dire pour l'instant, mis à part que le projet s'appelle Luisa/Andrew pour l'instant. Et je peux vous confier la playlist qui m'accompagne de très près dans l'écriture.


mardi 27 juin 2017

Canicule



Il fait plus frais dehors que dedans maintenant.
La canicule a pris fin il y a plusieurs jours déjà, mais elle ne semble pas vouloir quitter l'appartement. Alors je la supporte comme une colocataire indésirable.

Tous les soirs, je me couche dans un lit tiède, comme si je prenais la place d'un autre corps. Les murs dégagent une chaleur sourde, écho d'un été qui n'a de cesse d'engourdir le contreplaqué. Quand je les frôle, je sens leur torpeur, inconfortable. Une sieste sous un soleil trop accablant. Trop lourd pour être agréable. Trop étouffant pour bouger.
Alors je m'allonge sur ce matelas qui exsude une chaleur étrangère et je m'y enfonce lentement.

J'attends que cet appartement refroidisse, redevienne normal.
J'ai du mal à dormir depuis plusieurs jours déjà.
C'est comme si les pièces étaient habitées par quelqu'un d'autre que moi, comme si une présence refusait de quitter mes murs.

Comme si le squelette brûlait toujours sous la chair.


jeudi 26 janvier 2017

Bad buzz

Mes capacités de concentration sont limitées depuis quelques années. Je pourrais blâmer les réseaux sociaux, mon smartphone, et la technologie en général, mais la vérité c'est que plein de gens vivent sans tous ces bidules et se portent bien. Je pourrais en faire de même.

A cette distraction habituelle, celle qui m'arrête au milieu de cette phrase pour me dire "Tu pourrais te faire un thé...", s'ajoute en ce moment une sorte de ... bourdonnement.

J'en ai pris conscience fin 2016 et je ne sais pas comment le décrire autrement.
C'est cette sensation que vous ressentez quand vous êtes énervé. Celle qui donne l'impression que quelques chose a besoin de sortir et rode sous votre peau, celle qui vous dit que vous allez exploser à la figure de quelqu'un.

Cette sensation là. En continu.

Telle que vous me lisez, je suis en train de consciemment me forcer à ne pas regarder Twitter. Ma tête se tourne inconsciemment vers mon second écran à intervalles réguliers. C'est un peu comme une drogue. Je sais que ça ne me fera aucun bien, mais quand je l'utilise je me sens mieux. Ça me rassure. Car je sais.

Pendant les 2 minutes durant lesquelles mon pouce scrolle vers le bas pour dénicher les messages que j'aurais pu louper, je suis au courant. Rien ne peut me prendre par surprise.
L'info que j'absorbe comme ça est moins douloureuse. Moins que celle que je me bouffe en pleine gueule le matin quand mon réveil sonne et m'annonce que Trump a encore signé une énormité qui va réduire à néant des années d'avancées sur les droits de telle ou telle minorité.

C'est un choix débile. Tu préfères te prendre une goutte sur la tête, chaque minute, en continu, jusqu'à ce que le seau soit vide, ou qu'on te verse le seau en entier sur la tête d'un coup ?
Dans un cas, tu angoisses toute la journée, poussé à bout de nerfs par ce plic-ploc incessant. Dans l'autre, tu te retrouves trempé et gelé, a essayer tant bien que mal de reprendre ta respiration.

Alors je laisse les news se faufiler sous ma peau, l'une après l'autre, et rester là. Elles bourdonnent comme la neige à la télé quand l'antenne ne reçoit plus rien. Et cette sensation me rend folle, et j'ai envie de m'allonger par terre dans le silence le plus total pour juste avoir la paix cinq minutes et oublier que tout part en vrille.

Mais si je fais ça, j'ai l'impression d'abandonner mon poste de surveillance. L'impression que l'ennemi nous aura si je relâche ma vigilance juste un instant.

Donc je me laisse lentement glisser dans ce bain grésillant et je prie pour que ce que je sacrifie ne soit pas en vain.