lundi 13 octobre 2014

Renoncer aux marguerites

Il y a cinq ans, j'ai rencontré l'amour de ma vie.

        J'errais dans Paris, engourdie par le froid, me maudissant de ne pas avoir pris un manteau avant de claquer la porte. De la claquer à la figure de mon ex-petit ami.
Romain était un gros crétin que j'avais rencontré en première année de fac. J'avais commencé à sortir avec lui par ennui, je n'avais personne en vue et il était là. Et, comme un parasite, ce bon à rien s'était installé dans ma vie. Au point que j'avais fini par m'habituer à lui, un peu comme tu t'habitues à un chat qui pisse dans tes chaussures et se fait les griffes sur ton canapé. Il est invivable, mais c'est ton chat.
        J'avais quand même mis trois ans à comprendre que, à la différence d'un chat, je pouvais parfaitement jeter Romain comme une vieille chaussette sans que Brigitte Bardot me tombe sur le coin de la gueule. Ce que j'avais fini par faire en ce 6 novembre 2003, lui laissant deux heures pour "virer ses merdes de l'appart". Parce qu'en plus ce rebut squattait mon appartement.

        Quoiqu'il en soit, je me retrouvais sans domicile pendant deux heures, le temps que le chat fasse ses bagages. J'aurais pu aller faire du shopping ou prendre un café, mais je marchais sans but dans mon quartier. Ne venez pas me dire que le destin est une invention de femmelette.
Moi qui fixais le bitume sans rien demander à personne, je me retrouvais soudain bloquée sur le trottoir par un groupe d'adolescentes. L'une d'elle leva le nez d'un plan et me demanda :
- Euh, pardon mais... vous savez où elle est la tombe de Jim Morrison ?
Je mis quelques secondes à comprendre que j'étais devant l'entrée du cimetière du Père Lachaise.
- Non, aucune idée.
- Merde. C'est pas grave, merci. Bon, Sarah, passe-moi le plan, on est où là ?

vendredi 10 octobre 2014

#NaNoWriMo : je me botte le cul


¡Hola, amigos!

Je me suis inscrite au NaNoWriMo 2014 (et je le regrette déjà ?). Ce nom étrange signifie National Novel Writing Month et le but est d'écrire 50 000 mots en un mois. Soit un roman.

Sachant que si on met bout à bout tout ce que j'ai écrit depuis ma naissance on n'arrive pas à la moitié de ça, je pense que je suis officiellement dans la mouise. Mais c'est un peu le principe.

Bref, vous pouvez trouver mon profil sur le site (si vous participez au NaNo devenez mes buddies!), vous pourrez me voir péter des câbles en direct sur Twitter et en moins-direct-mais-avec-plus-de-caractères sur Facebook.
J'envisage même de faire de streamer quelques sessions d'écriture. L'idée me trotte dans la tête depuis un certain temps, mais est-ce que ça intéresserait quelqu'un de me voir écrire et de pouvoir discuter via le chat en même temps ?

Du coup, je me suis décidée sur l'intrigue du roman que je vais (essayer d') écrire pendant le mois de novembre. Je ne veux pas spoiler qui que ce soit mais voici la playlist Spotify que j'utilise pour bosser dessus : elle s'appelle Luisa/Andrew et SURPRISE! ce sont (pour l'instant) les noms des deux protagonistes.

Je vous tiendrai au courant de l'avancée des travaux, mais en attendant je vais probablement reposter un ancien texte de DeviantArt.

Que la Force soit avec nous.

dimanche 31 août 2014

MayDay

[Ambiance sonore : Mayday - UNKLE
c'est assez vital à l'histoire donc cliquez ;) ]

        Le Mecanox porte bien son nom.
Plus grande boîte de nuit de la planète, l'endroit est un repaire à technophiles. Tout, depuis le décor sombre et industriel jusqu'aux robots-serveuses en passant par les "artistes" employés pour divertir la clientèle est étudié pour attirer les nouveaux rois du technomonde. Alcool infâme distillé dans la cave, strip-tease et ronron mécanique des rouages décoratifs... Pas vraiment ma conception d'une bonne soirée.
        Je ne fais pas la queue à l'entrée du club, je me contente de sortir mon badge de la police artésienne en précisant que je souhaite parler à l'Artiste Mila Sventazi. Le videur m'observe un instant avant de scanner mon badge mais semble rassuré par mon emploi du terme honorifique d'Artiste. Sur Vidalgan, on ne plaisante pas avec les conventions.
Le videur me fait signe d'entrer tout en gardant un œil sur la foule massée derrière les barrières de sécurité. Je suis toujours amusé de voir ce genre de boîte employer des non-modifiés pour assurer la sécurité. Même si les mœurs ont évolué, on ne fait pas autant confiance à la technologie intégrée que les politiciens le prétendent sur nos écrans.

        L'intérieur du club est moins glauque que ce à quoi je m'attendais. Sombre, enfumé et bruyant, certes, mais propre. Des serveuses modifiées peu vêtues circulent entre les tables, portant des plateaux diffusant une sorte de lumière grise. La grande majorité des clients sont des hommes, riches vu le nombre de complet-vestons dans la salle. Certains discutent entre eux, d'autres sont rassemblés autour d'un brasero diffusant une drogue locale, les derniers boivent simplement l'un des breuvages terreux alcoolisés servis sur cette planète. Non, vraiment pas mon type de soirée.
        Le seul point commun entre tous les clients est le petit coup d'œil nerveux qu'ils lancent à la scène de temps à autres. Le regard de quelqu'un qui attend fébrilement son rendez-vous galant en priant pour qu'elle ne lui pose pas un lapin.
Ils attendent tous Mila.