mardi 24 février 2015

En évidence

Je laisse ton souvenir bien en évidence.
J'aurais pu l'enterrer, le cacher dans une boîte ou le ranger au fond d'un placard. L'effacer de ma mémoire et toi avec, mettre le feu à la maison et tout abandonner aux flammes. Mais je l'ai laissé là, sous mes yeux, tout le temps.
Je pense que c'est important de ne pas oublier. Alors je tire sur les fils de temps en temps, pour pas que la plaie ne cicatrise. Je triture jusqu'à ce que la blessure recommence à saigner, et après je me sens mieux.

Du coup, je laisse ton souvenir bien en évidence.
Bien en évidence, pour que tout le monde le voit.
Bien en évidence, pour ne pas oublier de m'en souvenir.


[Texte sans queue ni tête parce que j'écoute l'album Sleeping With Ghosts de Placebo et que ça a toujours un étrange effet sur moi]
 

mardi 17 février 2015

#Top100Songs

Ce weekend, j'ai appris que l'amie @Chalisbury était en train de compiler, à l'initiative de @PatriceSteibel, un Top 100 de ses chansons préférées.
L'affaire me paraissait bien compliquée, mais dans le train retour Montargis-Paris, je n'avais rien de bien intéressant à faire et j'ai donc commencé mon propre classement. Au passage, j'ai même apparemment trouvé le hashtag officiel de l'affaire : #Top100Songs

Vu que tout le monde n'a pas Spotify (quelle erreur), vous pourrez trouver la playlist intégrée ci-dessous.
Les 10 premières chansons sont en ordre de préférence, les autres un peu en vrac et j'ai probablement oublié une bonne dizaine de chansons, mais ça donne un bon aperçu de la chose.



Sur ce, je vais écouter les tops des autres. Bisous les jeunes.

lundi 12 janvier 2015

Les méchants ne gagneront pas

Je n'ai rien écrit depuis longtemps mais Philippe Val a dit qu'il ne fallait pas laisser s'installer le silence et il faut que je parle à quelqu'un.
Alors je vais te parler à toi, ami-e, à toi, vague connaissance, et à toi, inconnu-e d'internet.

Quand je donnais des cours particuliers je me suis rendue compte qu'on n'apprend jamais aussi bien qu'en aidant quelqu'un à comprendre. Je vais donc essayer de te rassurer en espérant que cela me rassure aussi.
Nous avons vécu une semaine horrible. Mercredi dernier, des gens sont morts -non, ont été assassinés- pour avoir exercé librement et légalement leur métier. Ils ont été tués pour avoir caricaturé, fait rire, expliqué, offensé, ouvert des yeux et des esprits.  Et puis, alors qu'on essayait de comprendre, l'horreur a continué. Et d'autres personnes ont perdu la vie -non, se la sont vu arrachée- en direct sur toutes les chaînes de télé. Et nous avons eu peur. Et nous nous sommes sentis petits et seuls. Et dimanche, aujourd'hui, nous avons essayé de prouver que nous ne sommes pas petits, que nous ne sommes pas seuls.
Alors nous sommes descendus dans la rue.
Avec des amis, de la famille, des collègues. Et puis avec des inconnus, avec des trop connus et avec plein de gens différents. Avec des femmes voilées, des vieux monsieurs en kippa et des bébés métisses. Et ces petits groupes se sont dirigés vers le même endroit. C'est impressionnant à voir, une foule qui se dirige en petits groupes vers un même point invisible.

On a fini par tous se retrouver, comme un rendez-vous géant auquel chaque ami aurait sans prévenir invité un autre ami. On pensait être beaucoup parce qu'on ne voyait pas le bout de la foule. Mais on ne pensait pas être des millions. Des millions à applaudir les membres des forces de l'ordre lorsqu'ils passaient à proximité, des millions à scander "Liberté !", ... des millions de Charlie.

Il est 1h36 du matin et je viens de regarder la chronique de Gaspard Proust et j'ai pleuré pour la première fois depuis mercredi. Cet ascenseur émotionnel ne m'avait, je crois, pas encore laissé le temps d'être juste triste. Du coup, j'ai pleuré un bon coup et j'ai essayé de m'imaginer l'avenir : que va-t-on faire de cette unité, de cette fraternité ?
J'espère que nous n'allons pas nous laisser embobiner et accepter de réduire nos libertés par peur des autres. J'espère que nous n'allons pas retomber dans la méfiance et les préjugés. J'espère que nous allons rester calmes, respectueux, unis.
Je ne sais pas vous, mais je compte bien me battre pour faire de cette tragédie la première pierre d'un monde meilleur.

On a l'air d'être des millions à vouloir être libres.

Alors je me dis que les méchants ne gagneront pas.