lundi 21 janvier 2019

La saison des Brises-Roches

Lorsque tu es parti, je ne m'en suis pas tout de suite rendue compte.

Cette saison était toujours la plus dure des six, celle balayée par d'inépuisables bourrasques de cailloux. Les pierres, parfois à peine des grains, parfois galets entiers soulevés sur des kilomètres par les vents, nous giflaient les joues à peine le nez mis dehors.

J'y avais presque perdu mon œil, la première année. Depuis, je redoutais particulièrement la saison des Brises-Roches.

Alors quand je m'étais levée ce jour là et avais vu le compartiment dédié à ton équipement vide, je ne m'étais pas posée de questions. Tu sortais souvent à ma place pour chasser ou trouver du matériel pendant cette saison. Parfois tu n'avais même pas à chasser. Un matin, tu avais trouvé un gros animal inconnu, à quelques mètres de notre porte. Un rocher lui avait fracassé le crâne.

Je savais donc que tu étais parti.
Je ne pensais juste pas que tu étais parti.

lundi 29 octobre 2018

[UPDATE] J'écris une BD


Je crois qu'au fond je ne pensais pas vraiment dire ça un jour mais : j'ai fini mon scénario de BD.

Enfin, j'ai fini la version 1.

Je l'ai donnée à lire à quelques amis. Pas trop, juste trois. Juste assez pour me rassurer et pas assez pour me décourager.
Ils m'ont tous fait à peu près les mêmes retours. De bons retours, constructifs et motivants.
Et ils m'ont aussi tous dit presque la même chose : ce scénario est abouti, on sent que j'ai bossé dessus.

dimanche 22 juillet 2018

Hors de portée

J'ai l'impression que je devrais te toucher.
Juste, me pencher et parcourir la distance de toi à moi.
C'est comme ça que je me sens à peu près à chaque fois.

Alors j'essaie de rationaliser. Objectivement, tu es charmant et souriant et drôle avec tout le monde.
C'est dans ma tête, tout ça. J'imagine totalement le fait que tu abandonnes ce que tu es train de faire pour te concentrer sur ce que je dis dès que j'entre dans la pièce.
Je prends mes illusions pour des réalités et il faut que je me calme.

Il faut que je me calme, que je pense à autre chose.
Autre chose que nos points communs. Autre chose que l'envie de m'appuyer contre toi quand on est assis l'un à côté de l'autre. Définitivement autre chose que l'effet que ça me ferait si tu étais celui qui couvrait la distance.

Parfois, pendant les heures que je perds au lit à fixer mon plafond, j'imagine que tu es là.
Je te visualise allongé à côté de moi. Tu regardes le plafond toi aussi.
Puis, avec un soupir, tu te tournes sur le côté et enfouis ta tête dans le creux de mon épaule.

Voilà ce que je m'autorise. Pas plus.
Ça et le fait de me demander...
si parfois tu y penses aussi.